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J’ai testé les Google Glass !

On compare souvent les Google Glass au premier iPhone d’Apple. Il y un avant et après les avoir prises en main. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Du Project Glass incubé par la firme de Mountain View qui a pour ambition de démocratiser les wearable computers, où ordinateurs miniatures que l’on peut porter sur soi.

Plus précisément, le projet Glass a été élaboré par Google[x], l’entité de Google spécialisée dans la recherche de projets innovants et directement chapeautée par Sergey Brin, l’un des cofondateurs du moteur de recherche. Google[x] est donc à l’origine des lunettes 2.0 mais aussi d’autres projets dont la voiture sans conducteur.

Et j’ai eu la chance de tester les fameuses Google Glass pendant quelques dizaines de minutes grâce à Marc Rogers, le directeur des opérations de sécurité au Defcon et l’un des spécialistes de la sécurité pour la société américaine Lookout (l’antivirus, anti malware and co sur iPhone et Android). Verdict.

Google Glass, c’est quoi ?

Commençons par le commencement. Contrairement à ce que son nom laisse penser, les Google Glass ne sont pas des lunettes. Ou tout du moins pas encore. Il s’agit plutôt d’une monture sans verre que l’on porte comme des lunettes. Ce n’est que dans un second temps qu’il sera possible de « coller » les Glass sur une monture de lunette de vue classique. Cela fait quelque temps déjà que Google travaille sur ses Glass puisque de premiers prototypes ont vu le jour dès le mois d’août 2011. Mais ce n’est que plus récemment, en avril 2012 que Sergey Brin en personne les a dévoilées publiquement.

Et ce n’est qu’encore plus récemment, en avril 2013, que 1500 mobinautes américains qui ont souscrits au programme Google Glass Explorer Edition, et déboursés la modique somme de 1500 dollars, ont reçu les premiers exemplaires de test de ces lunettes pas comme les autres. Alors concrètement, Google Glass, c’est quoi  ?

Il s’agit donc d’une monture qui reçoit des données via Wi-Fi ou Bluetooth grâce à son smartphone Android ou iOS, qui est équipée d’une puce GPS, que l’on peut commander à la voix ou grâce à un pavé tactile située sur la branche droite de la lunette, et qui est dotée d’un « écran ». Ce n’est d’ailleurs pas vraiment un écran, puisque le principe de Glass est de projeter une image sur un prisme (le fameux « écran » que l’on a sur son oeil droit), image elle-même projetée directement sur notre rétine. Résultat : on a l’impression de regarder un écran de 63,5 cm de diagonale à une distance de 2m44, le tout via une résolution de 640 x 360 pixels. L’écran est en couleur, bien évidemment.

Pour l’anecdote, les Google Glass Explorer Edition sont disponibles en cinq couleurs et sont livrées avec une housse de protection (à 1500 dollars, c’est le minimum !). Elles sont également livrées avec des faux verre type lunette de soleil.

Il y a quoi dans les Google Glass ?

Parlons un peu technique. Voici ce qu’il y a dans les Google Glass :

  • Un système Android 4.0.4
  • Un APN de 5 megapixels capable d’enregistrer des vidéos 720P
  • Le Wi-Fi 802.11b/g
  • Le Bluetooth
  • 16 Go de mémoire (12 disponibles pour l’utilisateur)
  • Un processeur Texas Instruments OMAP 4430 SoC 1.2Ghz Dual(ARMv7)
  • 1 Go de RAM (682 Mo de RAM dispo pour les développeurs)
  • Un gyroscope, un compas et un accéléromètre 3 axes
  • Un capteur de proximité et de luminosité
  • Un système de conduction osseuse sonore (vous entendez le son sans porter de casque)
  • Une prise MicroUSB
  • Un micro
  • Une batterie
  • Le tout pour à peine 36 grammes !

Google Glass : premier contact

Allez je me lance, je mets les Glass sur le nez. Premier constat : moi qui porte des lunettes tous les jours, les Glass sont légères, très légères même, pratiquement autant que ma paire de lunettes actuelle.

Lors du premier démarrage des Glass, il faut passer par un site web pour les paramétrer (connexion à un réseau Wi-Fi, etc), et installer une application (MyGlass companion app) pour les connecter à un smartphone, assurant ainsi le partage de la connexion Internet. Ca ne prends que quelques secondes.

(Google Glass, écran éteint – à gauche – et écran allumé – à droite -)

Une fois fixées sur les oreilles, les Glass ne bougent pas et le capteur de proximité joue bien son rôle dès qu’on les retire (l’écran s’éteint). Et comment se comporte l’écran une fois les lunettes mises sur le nez ? Assez bien. Il y a donc ce prisme qui apparait en haut à droite et qu’on peut repositionner pour l’approcher plus ou moins de l’oeil.

Moi qui suis myope astigmate, il ne m’a fallu que quelques secondes pour comprendre comment ça marche. Le plus dur n’est pas de voir net (ça fonctionne à tous les coups), mais de voir tout l’écran sans gêner son champ de vision. Et là encore, une fois le prisme bien positionné, il est possible de regarder devant soi facilement, puis de regarder l’écran en levant son oeil vers le ciel, et inversement. Sans trop de gêne.

On voit quoi dans les Google Glass ? Quelles sont les applis dispo ?

On a vu que les Google Glass sont finalement assez confortables même si elles demandent un certain temps d’adaptation. Un jour avant d’avoir essayé les Glass, j’ai essayé le visiocasque 3D de Sony. Et niveau confort, il n’y a pas photo, le visiocasque fait mal aux yeux – et aux nez – alors que les Glass se sont vite oublier. Bref, une fois les Glass portées, que voit-on « dedans » ?

Rien par défaut ! Deux options sont possibles pour que l’écran s’active : prononcer la phrase « Ok Glass » ou tapoter sur le trackpad sur la branche droite de la monture. Une fois cette action effectuée, l’écran s’allume et affiche l’heure. A vous de naviguer ensuite à la voix ou au doigt pour voir vos posts Google+, prendre une photo (Ok Glass, take a picture), enregister quelques secondes de vidéo (Ok Glass, record a video), lire vos emails via GMail ou passer en mode GPS (Ok Glass, give me directions to Rue de la Paix, Paris).

La reconnaissance vocale fonctionne bien, bien qu’il faille un « vrai » accent américain pour que ça fonctionne, et la navigation au doigt via le trackpad fonctionne à tous les coups. Bref un sans faute sur ce point. Voici quelques anecdotes de plus sur les applications installées par défaut sur les Glass :

  • Il est possible de passer un coup de fil via les Glass mais il faut pour cela synchroniser le répertoire du smartphone avec les lunettes. Aussi curieux que cela puisse paraitre, si vous ajoutez un contact sur le smarpthone, il faut resynchroniser les contacts avec les Glass pour qu’il soit définitivement ajouté
  • Certaines actions ne fonctionnent qu’au doigt. Le lancement de certaines applications ou la navigation dans les menus n’est parfois pas géré par la reconnaissance vocale. Il n’est possible de regarder une vidéo qu’en la lançant au doigt par exemple
  • Google propose de nombreuses mises à jour de ses Glass. Si mes souvenirs sont bons, nous en sommes déjà à la v5 du firmware.
  • L’affichage d’une vidéo dans les Glass fonctionne bien et il faut avouer que c’est agréable de la regarder sans sortir de smartphone ou allumer la TV.
  • Il est possible d’envoyer des SMS entièrement à la voix.
  • Il y a un mode « invité » sur les lunettes pour les prêter sans avoir à cacher ses photos perso :)
  • Une appli Hangouts permet d’utiliser le service de Voix sur IP pour passer des coups de fil.
  • Les photos prises avec les Glass ne sont pas synchronisées avec la galerie de votre smartphone. Au mieux, vous pouvez les uploader sur Google+.
  • Il y a parfois quelques bugs logiciels : si vous lancez une vidéo, l’OS comprend par moment que vous souhaitez la partager. Mais le bouton ou l’action »retour » n’existe pas. Et pour le moment, il n’est pas possible d’enregistrer plusieurs minutes de vidéo (pas assez de mémoire sur les Glass à priori).
  • Le système de reconnaissance vocale ne reconnait pas le possesseur des Glass. En quoi est-ce un problème ? Si vous êtes plusieurs à utiliser des Glass dans un lieu public, le premier qui dira « Ok Glass, take a picture » commandera TOUTES les autres Glass, que vous le vouliez ou non.
  • Les Glass comptent peu d’applications « compatibles ». En plus de celles mentionnées dans cette preview, on peut noter : CNN, Elle, Twitter, Tumblr, Facebook, Evernote. Même l’industrie du porno semble s’intéresser aux Glass pour tourner des scènes dans des conditions « réelles ». Au total, une dizaine d’applications sont compatibles avec les Google Glass.

Au final, que penser des Google Glass ?

Pour le moment, les Google Glass sont plus une démonstration technologique du savoir faire de Google qu’un réel produit utilisable au quotidien. Pourquoi ? Car elles s’apparentent aujourd’hui à une coquille vide mais il n’est pas compliqué de se projeter à demain, quand elles seront disponibles pour tous (courant 2014 pour un prix à peine supérieur à celui d’un smartphone nous promet-on), avec des tonnes de nouveaux usages.

Aujourd’hui, leur principal intérêt est de permettre de prendre des photos et des vidéos sans avoir à dégainer son smartphone. Et à la partager avec ses proches en quelques secondes. Google va même plus loin et va permettre via les Glass ne prendre une photo en clignant des yeux ! Mais demain, elles vont sans doute être utiles pour se déplacer (navigation GPS, alertes radars, etc), pour donner des informations en temps réel sur certains lieux et monuments (pratique pour les touristes) et pour exploiter toutes les forces de la réalité augmentée.

Si elles suscitent également de nombreuses interrogations (Quid de la vie privée et de la confidentialité des données si tout le monde porte des Glass ? Qu’en pensent les ophtalmos ? Les Glass sont-elles sécurisées ?), les Google Glass Explorer Edition ne sont pas exemptes de défaut, le plus important d’entre eux étant leur autonomie. Sur ce point les avis sont unanimes, vous ne pourrez utiliser les Glass Explorer Edition que quelques heures seulement. Elle ne tiennent même pas la journée.

Si Google souhaite un jour démocratiser ses lunettes 2.0, il devra faire de gros efforts sur ce point. En attendent, je suis impatient de voir quelles directions vont prendre Google et les développeurs du monde entier (des API sont disponibles pour permettre à tous de développer pour les Glass) pour rendre populaires ces lunettes d’un nouveau genre. Mais une chose est sûre, je suis déjà conquis !

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