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J’ai vu l’émission Pirat@ge de France 4 : l’histoire du piratage

France 4 va diffuser sur son antenne le 15 avril prochain à 22h20 un documentaire assez ambitieux baptisé Pirat@ge. Comme son nom le laisse penser, il traite de l’histoire du piratage de l’ « avant Internet » à aujourd’hui. Mais contrairement à que je pensais à la lecture de ce titre, ce documentaire tente d’aller plus loin encore. Non sans quelques excès et lenteurs.

Coréalisé par Etienne Rouillon et Sylvain Bergère, et produit par MK2Production, il parle plus précisément de « l’histoire d’Internet grâce aux témoignages de ceux qui l’ont construit, les hackers ». J’ai eu l’occasion de le visionner il y a quelques semaines. L’occasion d’en faire un résumé et de vous en faire une critique…

Emission Pirat@ge sur France 4 : le contexte

Il a fallu un an pour réaliser ce documentaire si l’on en croit les dires d’Etienne Rouillon.

Nous avons eu six mois de préparation, puis deux mois de tournage dont une semaine aux Etats-Unis, épicentre des révolutions numériques. Le reste du temps a été consacré au montage.

Etienne Rouillon

D’une durée d’environ 1h15, ce documentaire est long. Vous qui êtes habitués aux reportages à la Capital, 66 minutes ou Envoyé Spécial, vous trouverez sans doute le temps long en le visionnant en une fois, sauf si le sujet vous intéresse bien évidemment. Heureusement, il fourmille d’entretiens et d’explications associées pour mieux comprendre ce thème et l’usage abusif que l’on fait souvent du mot « piratage ». Mieux encore, il est particulièrement bien monté.

Devant chaque terme technique, ou presque, une mini fiche – similaire à une application iPhone – apparait pour l’expliquer en détail. Lors de chaque changement de thème (hacking, phreaking, …), un mini sommaire s’affiche à l’écran. Et enfin, pour alléger un peu le discours, de nombreux extraits de films sont proposés, de « The Social Network » à « Millenium » en passant par « Matrix » ou « Tron ».

Voici une sélection des entretiens les plus intéressants proposés dans le documentaire :

  • John Draper (Captain Crunch) : le premier pirate des réseaux téléphoniques
  • Daniel Domscheit-Berg : l’ex porte-parole de Wikileaks qui a fondé Openleaks
  • Steven Levy : journaliste et écrivain. Il a écrit notamment le livre « Hackers: Heroes of the Computer Revolution »
  • Andy Müller-Maguhn : le porte-parle du Chaos Computer Club de Berlin
  • Georges Fornay : senior VP de Sony Computer Entertainment Europe

Pirat@ge : ce que nous apprend le documentaire

Le documentaire permet de parfaire ou d’enrichir sa connaissance du monde du hacking. Il précise tout d’abord que les origines du piratage viennent d’un club de modèles réduits ferroviaires créé en 1946 au MIT. Des commutateurs téléphoniques et des dispositifs électroniques étaient alors situés derrières les trains (voir image ci-dessous). Plus tard, quand le MIT a acquis et installé un ordinateur à côté du « tech model railroad club » – le nom de ce club -, les membres de ce club se sont intéressés au piratage. Ils n’avaient pas de mode d’emploi pour utiliser cet ordinateur mais ils voulaient en faire ce qu’ils voulaient.

A la fin des années 1960, une autre forme de piratage est née : le piratage des réseaux téléphoniques (phreaking). Deux californiens ont ainsi inventé la « Bluebox« , une boite qui permettait d’appeler gratuitement vers la destination de son choix. L’un d’entre eux se nomme John Draper et possède comme pseudo « Captain Crunch« . Détail intéressant, cette boite magique pouvait être construite très rapidement (4 heures seulement) et Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple, en a vendu de nombreux exemplaires pendant ses études à la fac. Selon Captain Crunch, il a utilisé l’argent lié à la vente des box pour fabriquer les composants des premiers ordinateurs d’Apple sortis le 1er avril 1976. Et sur chaque box (qu’il vendait 150 dollars), il écrivait le message suivant :  »he’s got the whole world in this hand ».

Dans un autre genre, selon Daniel Domscheit-Berg, l’ex porte-parole de Wikileaks qui a fondé depuis OpenLeaks,  »il n’y aurait pas d’évolution sans les hackers« . Et pourquoi a-t-il décidé de quitter Wikileaks ? Car il a reproché à Julian Assange – le fondateur de Wikileaks – de ne s’intéresser qu’aux Etats-Unis alors qu’il disposait de documents importants à révéler aux yeux de tous dans d’autres pays.

Le documentaire met ensuite en avant le Chaos Computer Club, une association qui lutte contre les dérives des nouvelles technologies. Cette dernière a notamment  révélé des failles dans des systèmes de sécurité allemands. Les membres du « CCC » ont volé 130 000 Deutsche Mark à une banque allemande. Et ils les ont ensuite rendu pour montrer que la course aux nouvelles technologies n’est pas forcément bonne pour tous.

Selon Steven Levy, un journaliste et écrivain, « Internet a été créé par des hackers. Internet a été créé dans le but de faire circuler l’information. D’où la difficulté de le sécuriser ». Ce qui explique pourquoi la généralisation du « cracking » s’est faite dans les années 1980, au moment où le réseau mondial à commencé à tisser sa toile. Ce que confirme Georges Fornay, le patron de SCEE (Sony Europe), qui a toujours autant de mal à empêcher le piratage de ses jeux vidéos. « C’est jamais fini cette histoire. C’est un jeu à la Catch me if you can« . Ce dernier confirme que selon lui les pirates du net sont très fiers de leurs découvertes. Ils ne gagnent pas d’argent et sont très fiers de le faire savoir.

Le documentaire nous apprend également que les arnaques bancaires, l’espionnage industriel ou politique a été généralisé au début des années 2000. En 1999, année du lancement du premier  logiciel Peer to peer Napster, c’est le téléchargement pirate qui a commencé  : musiques, films et jeux vidéos sont touchés. Deux ans plus tard, Napster ferme. « Napster a ouvert la voix à l’iPod » en quelque sorte.

Plus récemment, entre 2004 et 2005, c’est l’annuaire français de liens pirate « Emule-Paradise«  qui a fait la Une de l’actualité. Son fondateur, Vincent Valade, précise que le site faisait à cette époque entre 200 000 et 250 000 visiteurs uniques par jour et qu’après avoir été attaqué en justice, il risque 3 ans de prison ferme et 300 000 euros d’amende. Détail amusant, entre les premiers téléchargements sur Napster et les lois de l’Hadopi, il s’est passé 10 ans. Seulement.

Pirat@ge : à vos magnétoscopes !

Alors comment lutter contre le piratage ? Proposer une alternative légale intéressante. Un responsable de TF1 indique à ce sujet que pour lutter contre le piratage de séries TV qui passent sur la chaine, il a mis au point un système de VOD permettant de visionner les épisodes des séries phare sitôt passés aux USA. Après avoir lancé cette offre à 2,99 euros l’épisode, et après avoir été jugée trop chère par les internautes, TF1 a cassé les prix pour proposer les épisodes à 1,99 euros l’unité. Et les internautes ont répondu à l’appel.

La fin du documentaire est à mon goût moins intéressante. Elle fait la part belle à Twitter, le monde de l’open source et elle cherche à étudier le piratage et son impact hors de l’informatique : dans le monde  journalistique par exemple. Mais là j’avoue avoir décroché. Dans l’ensemble, ce documentaire était très intéressant à regarder… En attendant le prochain à une heure de plus grande écoute ?

  1. Glol
    25/03/2011 à 00:06 | #1

    « A lire absolument :)  » Perso je pense pas…

  2. 25/03/2011 à 09:29 | #2

    Bonjour Glol. Mon commentaire sur le documentaire est à lire ;) Où comment je me rattrape aux branches ;)

  3. Mika
    25/03/2011 à 10:50 | #3

    Ou puis-je trouver le documentaire en dl?

    Merci

  4. 25/03/2011 à 10:59 | #4

    Bonjour Mika,

    Il n’est pas disponible en téléchargement. Il a été diffusé hier soir en streaming sur le web sur le site de France 4. Mais je pense qu’après sa diffusion à la TV, il aura plus de chances d’être dispo sur le web…

    A moins de pirater un documentaire dédié au piratage ? ;)

  5. Mika
    25/03/2011 à 11:06 | #5

    C’est bien ce que je pensai, mais vu que dans tes screenshot j’ai vu que c’était un fichier VOB, je me suis dit que tu l’avais peut être ;)

    J’avais lancer l’enregistrement sur mon PC hier, mais j’ai pas fait attention et ça a coupé en plein milieu a cause d’un manque de place sur mon disque !

    Je vais attendre la diffusion pour pouvoir le regarder en intégralité ;)

    Merci !

  6. 25/03/2011 à 11:11 | #6

    Je l’ai effectivement reçu en DVD mais je ne suis pas sûr que cela plaise à France TV qu’il se propage ;)

    Qu’en avez-vous pensé si vous pu en voir un extrait hier ?

  7. Mika
    25/03/2011 à 11:25 | #7

    Je comprends tout à fait et vous avez raison de ne pas le diffusé.

    En ce qui concerne l’émission, justement je suis un peu (beaucoup) resté sur ma fin puisque je n’ai pu voir que les 15 premières minutes. Mais une chose est sûre, je ne louperai pas le prochain rendez vous.

    Votre billet donne envie d’en voir plus en tout cas !

  8. AT09
    26/03/2011 à 10:47 | #8

    Bonjour a tous,
    Il n’y pas un lien pour voir l’émission?
    Merci pour l’info

  9. 26/03/2011 à 11:38 | #9

    Bonjour,

    CF ma réponse du dessus. Malheureusement non :( Tout du moins pas encore. Attendons son passage à la TV.

  10. 30/03/2011 à 11:14 | #10

    Voici un premier extrait « officiel » du documentaire :

    http://www.youtube.com/watch?v=oq_9dPvEizg

  11. damien
  12. Guillaume
    26/01/2014 à 03:10 | #12

    Durant le docu, il y a un extrait de film uuuuuultra interessant que je recherche. Quand le pirate parle au membre du FBI et lui demande « cbn de langue parles tu ? » le flic répond « cinq ». Le hacker lui retorque « moi je n’en parle qu’une seul 0 1 0 0 1 1, qui me permet d’avoir acces a ta vie, tes fantasmes, etc (continue de troll) » donc si quelqu’un connait le film et pourrait me donner le titre

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