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Enquête : qui sont les grands gagnants du cinéma en 3D ?

AvatarL’année 2009 fut sans conteste l‘année de la démocratisation de la 3D dans les salles de cinéma de France. En attendant l’arrivée de cette technologie dans nos salons dans les prochaines années. Les diffuseurs (écrans, consoles, lecteurs, …) sont prêts mais les éditeurs de contenu ne le sont pas encore.

Si l’on regarde le box office 2009, trois des dix films les plus populaires ont été projetés en 3D (source). C’est le cas de l’âge de glace 3 (le temple des dinosaures) avec 7,8 millions d’entrées (2D/3D), Avatar avec 5,8 millions d’entrées et Up (là-haut) avec 4,5 millions d’entrées.

Qui profite le plus du marché de la 3D ? Des constructeurs de lunettes aux salles de cinéma en passant par les technologies de diffusion de contenus en 3D, qui sont les grands gagnants de ce marché ? Enquête.

La 3D : un argument commercial pour remplir les salles de cinéma

Agedeglace3En juillet dernier, au moment de la sortie du troisième opus de l’âge de glace, 783 cinémas ont projeté le film, dont 214 avec une diffusion en 3D. Il s’agissait alors de la plus grosse sortie d’un film en 3D dans l’Hexagone. En août dernier, j’ai écris une note sur Up (là-haut), indiquant que ce ne sont « que » 103 salles sur 703 qui ont joué le jeu de la 3D.

Mais c’est depuis la sortie d’Avatar sur nos écrans que la 3D a pris un nouveau sens, devenant presque un argument commercial : ne me piratez pas, venez me voir en 3D. Sorti le 16 décembre dernier, 258 salles sur 720 ont proposé de la voir en 3D. Un record. C’est ce que confirme Frédéric Monnereau, le directeur commercial de la Twentieth Century Fox France, interrogé par Le Film Français :

Le film était annoncé comme celui qui devait faire basculer le cinéma dans une nouvelle ère. Je crois qu’il y est parvenu. Tous les circuits, excepté UGC, le proposeront en 3D Relief, et de nombreuses salles indépendantes se sont équipées pour l’occasion.

Frédéric Monnereau, directeur commercial de la Twentieth Century Fox France

Finalement, même en augmentant le prix de la séance de 3 euros pour bénéficier de la 3D, les spectateurs français ont adopté en masse cette technologie. J’en veux pour preuve le très rapide retour sur investissement du film de James Cameron annoncé comme le plus cher de l’histoire (source). Si il a coûté entre 300 et 500 millions de dollars, il aurait déjà rapporté, en seulement 17 jours, plus d’un milliard de dollars. 350 millions sur le marché nord-américain et 670 millions dans le reste du monde. Là encore, un record. Bien évidemment, le succès de cette fable écologique n’est pas liée qu’à sa diffusion en 3D, mais cette dernière y contribue.

La guerre des constructeurs de lunettes 3D

Lunettes 3D XpanDQui dit « cinéma en 3D » dit forcément « lunettes 3D » (en attendant les solutions auto stéréoscopiques). Et moins de cinq sociétés contrôlent ce marché (source) qui n’a cessé d’évoluer depuis la sortie de « Bwana Devil« , un film américain réalisé par Arch Oboler, sorti en 1952, et qui est accessoirement le… premier long métrage en 3D.

Pourtant, si la manière de créer des films en 3D a fortement évolué en 60 ans, les lunettes exploitent toujours le même principe, chaque oeil voyant une image légèrement différente du film, le cerveau les mixant ensuite pour percevoir des effets de profondeur.

Le leader actuel des lunettes 3D se nomme RealD. Il s’agit d’une société américaine basée à Beverly Hills, en Californie. Ce sont environ 4 millions de lunettes 3D qui ont été mises sur le marché par RealD, chaque paire coûtant 65 cents (dollars) à produire. Tout comme la société MasterImage 3D, RealD exploite des lunettes à verre polarisant, une technologie qui semble donc devenir un standard.

Dolby Laboratories, société plus connue pour ses systèmes de homecinema que pour la 3D, est pourtant un acteur fort de ce marché. La firme américaine commercialise en effet des lunettes qui filtrent les différentes fréquences de rouge, vert et bleu. Chaque paire coûte 28 dollars. Pour sa part, la société XpanD a conçu un système de lunettes 3D qui exploite une technologie LCD, qui nécessite d’utiliser une batterie, et qui s’ouvre et se ferme automatiquement pour permettre aux yeux de voir les bonnes images en relief d’un film en 3D. Technologiquement évoluée, chaque paire de XpanD (photo ci-dessus) coûte 50 dollars.

Reald3DglassesEn terme de chiffres, James Cameron, a officiellement adopté la technologie de RealD, compatible avec 5000 écrans de cinéma dans le monde. Mais il a été photographié à l’occasion de l’avant-première d’Avatar au Japon avec des lunettes de XpanD, compatibles avec 2000 écrans. Dolby annonce quant à lui que ses lunettes fonctionnent sur 2200 écrans.

Reste que dans la très grande majorité des cas, ces sociétés devront désormais faire des efforts sur le design de leurs lunettes, sur leur poids, ainsi que sur des versions adaptées au petit visage des enfants. RealD travaille d’ailleurs déjà sur ce dernier point, en plus de lunettes mieux conçues pour porter plus aisément des lunettes de vue (voir photo ci-contre).

La guerre des formats de films en 3D

Avatar3DAu delà des lunettes, une autre guerre fait rage, à savoir celle des technologies de diffusion des films en 3D. Car en plus des films en 2D, que chaque salle de cinéma peut projeter librement sans investissements supplémentaires, plusieurs « standards » en matière de films 3D ont émergé ces dernières années : Disney 3D, RealD, Dolby Digital et IMAX-3D.

Je ne vais pas revenir sur la technologie   »Disney 3D » étant donné que j’en ai déjà parlé dans mon billet sur Up (là-haut). En revanche, je vais m’attarder sur les autres technologies, la projection d’Avatar ayant permis d’avoir plus d’informations sur la diffusion en masse de contenus en 3D. Il apparait ainsi que les cinémas américains situés en dehors des grandes villes exploitent généralement le RealD (source), moins cher pour équiper de nouvelles salles, ou le Dolby 3D. Mais dans ce dernier cas, le prix des lunettes peut être trop dissuasif pour les patrons de cinéma.

L’IMAX étant déjà une technologie connue dans de nombreux pays, son équivalent en trois dimensions - l’IMAX-3D – reste très populaire outre-atlantique. Il propose d’être immergé dans les films 3D à travers des écrans de très grande taille mais possède plusieurs inconvénients : les lunettes sont trop imposantes et peu confortables. De plus, il existe depuis quelques semaines une polémique aux USA liée à la projection d’Avatar en IMAX-3D. Selon la rumeur, certaines salles de cinéma auraient en effet interdits aux spectateurs d’être assis aux 3 premières rangées de la salle, à cause de personnes s’étant plaintes de ne pas pouvoir visionner le film en 3D en étant situé juste sous l’écran. Même avec des lunettes, ces derniers ne percevaient pas la 3D. Un comble.

Selon le LATimes, le « Dolby 3D », ou Digital 3-D (voire le 3-DDolby), est le format de diffusion de films en 3D le moins impressionnant. La qualité de l’image reste très bonne mais c’est du côté des lunettes que le bât blesse. Elles sont d’abord comme on l’a vu plus haut très chères (28 dollars l’unité) et très inconfortables. Il est difficile par exemple de chausser à la fois ses lunettes de vue et les lunettes 3D. Visuellement, le Dolby 3D et le RealD sont similaires. Mais ce dernier propose des lunettes plus agréables à porter.

Films en 3D : quid des fabricants de disque dur ?

Avec la 3D, la manière de stocker et de diffuser des films dans les salles de cinéma a changé. Plus besoin de projectionniste – ou tout du moins il doit changer sa manière de travailler -, les contenus étant désormais stockés sur disque dur.

D’où de nouvelles sources de revenus, liées entre autres à la gestion des mesures techniques de protection, expression française pour parler de DRM. Ou encore au stockage des données. Car si un film comme  Titanic nécessitait alors deux terabytes de données pour être stocké (source), Avatar a nécessité pour sa part 1 petabyte de stockage.

Pour les moins technophiles de mes lecteurs, 1 petabyte est égal à 1024 terabytes. Ce n’est toujours pas clair ? Cela représente 500 disques dur de 2 To chacun. Ou environ 32 ans d’écoute continue de musiques au format MP3. Détail amusant, il en coûtait 1 million de dollars en 1998 pour stocker 1 terabyte de données. Il n’en coûte aujourd’hui que 200 dollars (source).

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  2. Up (là-haut) : un film qui vole bas en 3D

  1. 03/01/2010 à 23:02 | #1

    je viens de mettre à jour le billet avec les derniers chiffres d’Avatar (le cap du milliard de dollars de recettes est dépassé). Source AFP : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i701ze7HMOuT-HpQFkdZAkGoChUw

  2. cirederf
    04/01/2010 à 05:11 | #2

    Interessant comme d’habitude.
    En espérant que les maj continuent :)

  3. mais euh
    04/01/2010 à 09:55 | #3

    très bon article.
    De l’investigation comme j’aime avec du contenu intéressant et recherché.
    Bonne année !

  4. MrJones
    04/01/2010 à 13:20 | #4

    Toujours aussi complet et intéressant! Merci!

  5. 08/01/2010 à 22:14 | #5

    En argument positif au cinéma 3D il y a aussi le fait qu’on ne peut pas aisément pirater un film en 3D avec une simple caméra, ou alors il faudrait bricoler une lentille pour le camescope et on perd la magie du film.

    A part ça, je viens de découvrir que les lunettes et écrans 3D ne suivent pas de norme, ça va encore être chouette pour regarder des films ça et avoir 3 paires de lunettes à la maison. Ca craint en 2010 ce genre de problème…

  6. 10/01/2010 à 21:29 | #6

    « Au plan international, ce film de science-fiction à grand spectacle de James Cameron avait rapporté 1,12 milliard de dollars mercredi, dépassant ainsi les recettes du « Seigneur des Anneaux: le Retour du Roi ». Seul le devance encore « Titanic », du même James Cameron, avec $1,84 milliard de recettes en 1997-1998. »

    Source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/avatar-devient-le-2e-succes-de-l-histoire-du-cinema_841123.html

  7. testman
    12/01/2010 à 20:23 | #7

    terabytes ou To (càd Teraoctets), il faut choisir.

    Perso, je trouve que la version octet est toujours plus clair car en plus d’éviter le mélange bit/bytes il clarifie le symbole de taille : Tb c’est To, Tb ou TB ? Enfin, octet c’est huit et clair pour tout le monde.

    Aller une pikouze de rappel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Byte

    Sinon, bon article … avec la sortie attendue des TV 3D cette année, la 3D risque bien d’être au coeur de toutes les discussions !

  8. Issa
    19/01/2010 à 03:26 | #8

    Des prix des lunettes en passant par vos explications de la 3D jusqu’au différents attributs aux protagonistes, tout est faux ou presque. Pourquoi affirmer autant de choses alors que vraisemblablement, vous ne savez que peu de chose sur tous cela. Bref, c’est navrant et cela me désole :(
    50€ pour xpand…en réalité 75€ pour les exploitants et environ 100€ pour un particulier, en réalité 150 giga sont nécessaire pour contenir avatar en 3D, et dolby est un des leaders au niveau de l’équipement des processeurs son des cinémas… Pas juste un marchand de homecinema… J’arrete ici car je pense que vous continuerez de toute manière a faire profiter les autres de votre connaissance en la matière… Que de tristesse…

  9. 19/01/2010 à 18:55 | #9

    >Issa
    Toutes les sources de ce billet sont affichées. Je n’ai pas d’intérêt à inventer des chiffres.

    Concernant le stockage, il s’agit de l’espace nécessaire pour gérer toutes les scènes et non l’espace disque final utilisé. L’information vient de la BBC (avant dernier lien du billet).

    Je cite :

    Some geeky facts: The creation of Pandora required over a petabyte (1m gigabytes) of digital storage.
    By comparison, it took 2,000 gigabytes to create and sink the Titanic – about 1/500th of the amount used for Avatar.

    CQFD

  10. JRC
    27/01/2010 à 13:23 | #10

    Que dire excellent article j’ai appris pas mal de choses continues ainsi !

  11. Olivier
    28/01/2011 à 02:42 | #11

    « Enquête : qui sont les grands gagnants du cinéma en 3D ? » Le milieu du pr0n : voir les films de Marc Dorcel.

  12. 28/01/2011 à 10:57 | #12

    JRC : merci :)

    Olivier : Oui effectivement mais une chose est sûre, aucun de leurs films ne peut être acheté dans le rayon Blu-Ray de la Fnac. De manière générale, le milieu du X a toujours été précurseur en matière de nouvelles technologies. Ils ont démocratisé entre autres le streaming de vidéos sur le net et les micro-paiements. Mais marché du X pour « aider » ou non, la 3D ne semble pas intéresser tant de français que cela. Selon GFK, seules 116 000 TV compatibles 3D ont été vendues l’an dernier (71 000 rien qu’en novembre / décembre). source :
    http://www.lesnumeriques.com/marche-hi-tech-2011-tablette-attire-3d-refroidit-news-17720.html

  1. 08/12/2011 à 15:33 | #1