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J’ai testé : piloter un avion (Diamond DA-40)

Road trip aérienAprès l’hélicoptère, l’avion. Vendredi dernier, j’ai réalisé un de mes rêves : prendre les commandes d’un avion. Bien sûr il ne s’agissait pas d’un avion de ligne comme un Airbus ou un Boeing mais plutôt d’un modèle réservé à l’aviation dite de loisir : le Diamond Star DA-40.

Cet avion autrichien est plus imposant que les habituels Cessna F152, possède 4 places et est équipé  d’un moteur 135 cv Thielert JET-A1. Derrière ce nom barbare se cache un moteur diesel dérivé de celui de la Mercedes classe A. Les similitudes entre les voitures et les avions sont visiblement assez nombreuses. Prix du coucou : 230 000 euros neuf.

Quelle impression cela fait de monter dans cet avion ? Que voit-on de là-haut ? Est-ce facile à piloter ? Réponse en image et en vidéo.

Avant de monter à bord : la préparation

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Tout d’abord, pour l’anecdote, je n’ai aucun brevet de pilote. Mais j’ai un ami, avec qui on a partagé 5 ans de vie pour obtenir un diplôme d’ingénieur en informatique, qui à la fin de son cursus a choisi de changer de voie. Pour emprunter celle des airs. Ayant baigné dans le monde aérien depuis tout jeune avec un père pilote et une mère hôtesse de l’air, il lui était très difficile d’y résister plus longtemps. Il a donc été embrigadé chez Air France pour devenir à son tour pilote. Et à 28 ans, il est aujourd’hui pilote d’Airbus A320 pour cette même compagnie. C’est donc lui qui m’a proposé de participer à mon baptême de l’air, voyant que je commençais à m’intéresser de près à ce « milieu ».

Le rendez-vous était donc pris pour le vendredi 17 juillet. J’ai même posé un jour de congé pour en profiter pleinement. Après une petite frayeur concernant les conditions météorologiques (la veille au soir, il tombait des grêlons et un orage d’été à duré toute la nuit), il y avait certes du vent (beaucoup de vent même) mais cela n’effrayait visiblement pas Arnaud. Et vu son expérience, je ne pouvais lui faire que confiance. Direction donc l’aérodrome du Plessis-Belleville, à Ermenonville, pour sortir l’avion de son hangar.

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Mais ne soyons pas trop pressé, on ne prend pas un avion comme une voiture. Il faut d’abord s’occuper de tout l’aspect administratif de la location d’un bolide des airs, analyser son plan de vol, s’équiper (le casque est plus que conseillé), vérifier son aspect extérieur, écouter les conseils des vieux de la vieille (eux étaient déjà moins rassurés du temps) et faire les différents check-up obligatoires avant même de monter dans le cockpit.

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Et puis j’en ai profité pour regarder les différentes cartes des environs, une bonne partie du territoire aérien de Paris et de ses alentours étant… interdit de survol. Oui, il est connu qu’il n’est pas autorisé de voler dans la capitale. Mais il est moins connu que cette zone interdite est très vaste (elle comprend une bonne partie de la région parisienne) et qu’elle rejoint d’autres zones militaires interdites de survol comme celle de la base militaire de Creil, au Nord-Est de Paris (cf carte ci-dessus).

Cette fois, c’est parti : on prend place à bord

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Le Diamond DA-40 est équipé d’une verrière panoramique qui permet de contempler l’horizon sur les côtés (à 180 degrés) mais aussi en hauteur. Une fois cette dernière ouverte, un marche-pied situé près des ailes de l’avion permet de monter à bord. On y trouve des sièges en cuir très confortables, un énorme tableau de bord qui occupe tout l’espace avant, un joystick au milieu de chaque siège (cet avion doit servir comme d’un « avion école ») et deux pédales.

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Non il n’y a pas de pédale d’accélérateur, de frein et encore moins d’embrayage. Elles servent pour contrôler une sorte de gouvernail de direction (à gauche ou à droite) situé derrière l’avion. Une fois nos casques connectés à l’appareil (ils sont équipés d’un micro), il nous est possible de dialoguer entre nous sans s’esquinter les tympans. La verrière est maintenant refermée, nous mettons notre ceinture de sécurité (la même que dans une voiture) et nous sommes enfermés dans le petit espace du cockpit.

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Il n’est pas possible de lever les bras pour s’étirer mais on garde une impression d’espace. Ayant tendance à être claustrophobe, cela ne me gênait ici absolument pas. Ouf. Arnaud sort la checklist et vérifie qu’au niveau technique, cet avion est prêt à décoller : les lumières fonctionnent, le régime moteur est stable, les freins fonctionnent, le GPS (un Garmin) est activé. Bref, il est temps de suivre la route pour se rendre sur la piste de décollage à quelques dizaines de mètres de là. Après un court dialogue via la cibi locale avec l’aérodrome pour les avertir de notre décollage imminent, nous rejoignons tout doucement la piste avant de mettre les gaz pour atteindre une vitesse suffisante pour prendre notre envol.

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Je vol pour ne pas vivre cloué au sol

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Les plus mélomanes d’entre nous auront remarqué que cette phrase est tirée de la chanson « Jet lag » de Zazie. Nous commençons donc notre phase de décollage qui s’avère très douce. Comparativement à un décollage d’un avion de ligne, tout est ici beaucoup plus doux et on a pas les oreilles bouchées. A quelques centaines de mètres de hauteur, la vue est déjà magnifique. Malgré le vent, il n’y a pas trop de secousses dans l’avion et une fois revenu en position « parallèle au sol », le spectacle est extraordinaire.

Grâce à l’orage de la veille, la vue était très dégagée. A près de 50km de Paris, il nous était possible de voir la Tour Eiffel, Montparnasse et même les tours de la Défense au loin. Je commence à avoir un peu chaud et deux options s’offrent à moi : soit je peux ouvrir un bout de fenêtre située à ma droite soit je peux simplement actionner une arrivée d’air comme dans un avion de ligne. Je choisis l’option 2.

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Que voit-on de là haut ? des successions de champs tous aussi bien entretenus les uns que les autres, des maisons, des villas, des quartiers résidentiels qui semblent si petits vu du ciel, des forets ou encore des lacs. On dirait qu’un architecte à dessiné les lacs et les forets pour que le spectacle soit assuré vu d’en haut. Certains arbres forment un « S », les villes présentent des maisons tellement alignées qu’on dirait une maquette; difficile de se lasser des paysages qui défilent devant nos yeux.

Et histoire de dynamiser un peu notre trajet, Arnaud entame… un virage serré à 360 degrés, juste comme çà pour le fun. Quelques secondes plus tard, et après avoir pris 2G, nous pesons le double de notre poids. Mais là encore, on se croirait dans un grand 8 et je ne prends pas peur. J’en redemande même encore. D’ailleurs, c’est quand on tourne que la vue est la plus belle car quand nous penchons à droite (je suis situé sur le siège à droite de l’avion), j’ai tout le temps d’admirer non plus le ciel mais tout le paysage situé sous nous.

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Nous poursuivons notre route, direction Meaux et Coulommiers, et avant de rejoindre la piste d’atterrissage de cette seconde ville qui porte un nom de fromage (bon ok, c’est plutôt l’inverse), c’est à mon tour de prendre les manettes.

A mon tour de prendre les commandes

Un Flight Simulator grandeur nature. Sauf qu’ici, on a qu’une seule vie. Je commence donc à me servir de ce fameux manche à balai qui me faisait tant envie jusque là. Je tente de tourner à gauche, tourner à droite, monter, descendre, l’avion est hyper réactif. Je dois garder un cap en fixant au loin des usines. Sur le papier, cela semble facile. Dans la réalité, il faut avoir l’oeil.

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Car si il est assez aisé de maintenir son cap sur un axe horizontal, c’est nettement plus compliqué d’en faire de même sur un axe vertical. Car on ne sait pas vraiment si on monte si on en descend. Et comme nous faisions du « vol à vue », c’est à dire qu’on ne devait pas voler au dessus des nuages, il valait mieux ne pas les rejoindre de trop près. Mais il faut avouer que manier le joystick est assez jouissif.

D’abord parce que de spectateur on devient acteur et ensuite parce que cette sensation est très agréable. On ressent les bourrasques de vent qui dévient légèrement notre trajectoire et on ressent l’impression de repousser le vent quand on tourne, même légèrement. Bref, c’était un moment très intense même si il faut avouer que cela semble fatiguant car pour un novice comme moi, on ne sait pas trop où regarder – le tableau de bord ou ce qu’il y a devant nous ? – et parfois on force un peu sur le joystick (qui est certes maniable mais qui envoie quand même un retour de force qui tire sur les muscles).

Il est l’heure d’atterrir

Notre vol a duré près d’une heure au total. Et les phases les plus critiques sont le décollage et l’atterrissage de l’avion. Histoire de tester plusieurs fois ces deux phases les plus « dangereuses », nous avons rejoint la piste d’atterrissage de Coulommiers pour atterrir quelques secondes avant de repartir immédiatement. Une fois encore, expérience du pilote oblige, tout a été très doux, l’avion s’étant posé sans rechigner. La sensation de secousse lorsque l’on touche le sol est minime et la phase d’accélération qui suivait derrière ne nous faisait pas non plus prendre des « G ».

Mais ce qui est intéressant pendant les atterrissages, plus que dans les quelques secondes avant que les roues ne touchent le sol, c’est la phase d’approche. Un manuel du castor junior des aérodromes du coin indique en effet clairement comment « atterrir à vue », suivant l’endroit où on se trouve. On doit faire un tour complet pour visualiser les pistes qui s’offrent à nous avant de jouer à nouveau de la cibi pour avertir d’éventuels autres avions aux alentours de notre présence. Et avant de se poser.

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Une fois reparti de Coulommiers, il est temps de retourner au Plessis-Belleville et d’atterrir à nouveau, définitivement. Avant un vent un peu plus gênant cette fois-ci, l’avion n’a pas atterrit totalement « droit », l’arrière ayant été un peu déporté sur la droite. Mais le système d’amortisseur et l’habitude de l’ami pilote ont fait qu’ici encore, il n’y avait aucune secousse ou aucune sensation désagréable en touchant le sol.

En quelques secondes, nous passons de 250 km/h (vitesse dans les airs), à moins de 50km/h pour garer l’avion et l’approcher le plus près possible du hangar où il était entreposé. Une fois un dernier check-up effectué, le moteur est coupé, nous sortons du cockpit, rentrons l’avion dans le hangar et passons quelques instants à le nettoyer, pour que son prochain propriétaire ne se retrouve pas avec une quantité impressionnante de moucherons et autres insectes volants collés sur les ailes. C’est la fin du voyage. Je sens qu’une nouvelle passion est née. Merci encore Arnaud !

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  1. Arnaud
    20/07/2009 à 11:54 | #1

    Et bien écoute, ça m’a bien fait plaisir également ! On se refera ça une prochaine fois, avec un peu plus de soleil et un peu moins de vent !

  2. Przemek
    20/07/2009 à 16:09 | #2

    Génial!

    Ca donne envie de continuer n’est-ce pas?
    Moi aussi j’aurais bien voulu continuer après mon premier vol mais c’est pas trop compatible avec le fait de se jeter d’un avion en état de marche en plein vol. Le temps de l’apprentissage est très long si j’ai bien compris et il faudrait choisir entre WE para ou pilotage :’(

  3. 20/07/2009 à 16:33 | #3

    @Arnaud avec grand plaisir.

    @Przemek j’imagine que ce ne sont pas du tout les mêmes sensations. Lors d’un saut en parachute, tu as certes une marge de manoeuvre lors de la descente mais elle reste assez limitée. C’est plus un coup d’adrénaline de quelques secondes. Avec un avion, oui cela demande plus d’entraînement mais j’imagine – et j’espère – que le marge de progression reste rapide.

    Et puis après tout, c’est comme le permis de conduire. C’est chiant de le passer mais une fois qu’on l’a, on en profite toute sa vie. Allez, pour mes 30 ans l’an prochain, je me paierai un saut en parachute :)

  4. eeeple
    29/07/2009 à 01:25 | #4

    @Alexandre
    Sympa de nous faire partager ça!
    Pour avoir sauté en parachute Dimanche, je peux te confirmer que ça vaut véritablement le coup !
    Si tu as la chance de pouvoir sauter dans un environnement sympa (Baie de Quiberon pour ma part) c’est encore mieux !
    Mais ça n’a clairement rien à voir avec l’avion : il faut essayer les 2 (et faire les 2 quand on peut ;) )

  5. Jokiss
    29/10/2009 à 17:34 | #5

    Wow. Merci de nous avoir fait partager cela. Quand à Arnaud, seulement 28 ans et pilote de ligne sur Air France en plus, eh bien chapeau! Bravo!

  6. Jokiss
    31/10/2009 à 16:26 | #6

    Excusez moi pour ma question de profane mais je sais que c’est facile pour un pilote de ligne de piloter les petits avions mais l’inverse est i possible? Un pilote amateur qui n’a piloté par exemple qu’un Diamond DA-40 peut il faire décoller et attérir un avion à réaction du genre Airbus ou MD?
    Merci pour la réponse

  7. ELY
    03/11/2009 à 01:02 | #7

    Sympathique récit qui me rappel la première fois où j’ai piloté un DA40 (qui est aussi la première fois où j’ai piloté un avion).

    @Jokiss
    Chaque avion est différent et a donc des caractéristiques différentes avec des procédures différentes, donc un pilote de ligne aura tout autant de mal à faire décoller ou atterrir un DA40 que l’inverse…certe, un pilote de ligne sera peut-être plus à l’aise avec un DA40 que peut l’être un pilote privé avec un Airbus…

  8. Ben
    26/02/2010 à 23:28 | #8

    haha Merci (Y) et bon courage!
    Lors du touch l’avertisseur de décrochage du DA40 …au moment de l’arrondi :D
    La traction a gauche lors du touch aussi… il faut garder l’axe…. lool
    Bon vol l’ami!!

  9. Orely
    30/01/2011 à 09:20 | #9

    Bonjour, mon mari voudrait également piloter un avion pour la première fois, je voudrais lui en faire la surprise pour la St. Valentin! Pourriez vous me dire combien cela coût et ou es ce possible? Merci

  10. Maxime
    03/10/2011 à 00:00 | #10

    Bonjour Orely,

    Même si votre message date de plus de 10 mois, je vous réponds ( si vous n’avez pas encore eu de réponse )
    Comptez entre 100 et 150 € pour une heure de vol avec instructeur ( baptême de l’air compris )
    Vous pouvez faire ceci dans quasiment tous les aérodromes de France, si bien sûr il y a un aéro-club.

    Cordialement

    Maxime

  11. 26/11/2012 à 18:32 | #11

    Ca doit vraiment être un moment formidable. Merci pour le partage de cette expérience

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